Vivaldi, l’or baroque des voix de femmes
Programme pour seize à dix-huit chanteuses (dont deux choristes) et dix instrumentistes.
Curieusement, à ce jour bien peu d’ensembles vocaux ont tenté de retrouver le son des chœurs des Ospedale de Venise. Ces Ospedale accueillaient les jeunes filles orphelines ou de familles indigentes, leur assurant une éducation générale et une éducation musicale poussée. Vivaldi a été maître de violon à l’Ospedale de la Pietá. Celui-ci était réputé comme la meilleure institution musicale de la ville et l’on sait que ses œuvres y ont été jouées. Son Magnificat, par exemple, connaît deux versions dont l’une ne comporte que des airs dédiés aux voix de femmes. Il est aussi connu que les parties de ténors et de basses étaient chantées par ces femmes. La légende rapporte que la mère supérieure chantait basse.
Aujourd’hui, la voix grave des femmes retrouve une légitimité artistique après plusieurs siècles d’abandon. Les musiques traditionnelles et la chanson s’appuient bien souvent sur ce mode d’émission.
Temps Relatif se propose d’expérimenter la mise en œuvre de quelques partitions clefs de Vivaldi généralement réalisées à voix mixte, mais en composant un chœur strictement féminin, notamment pour les voix de ténors et de basses. Nous parions que cette démarche de restitution apportera un regain d’énergie et de modernité à l’interprétation des oeuvres de Vivaldi. En savoir plus…
Entrelacs, Cantuum Plexus
Musique médiévale, Improvisation et Création de Caroline Marçot
Romain Bockler, Gabriel Jublin et Benjamin Ingrao ont développé une connaissance aiguë des répertoires de plain- chant et des premières polyphonies de notre musique occidentale (XIème – XIIème siècles). Pétris de ce langage, ils ont appris à réaliser les polyphonies improvisées telles qu’elles se pratiquaient.
Graduels et Alléluias prennent alors une dimension nouvelle, rayonnant dans l’espace de brillances harmoniques comparables aux scintillements de la lumière des vitraux de nos églises. Le programme s’étendra jusqu’au XIIIème siècle, où l’on découvre de nombreux motets mêlant mélodies sacrées et textes profanes. La frontière entre ces deux espaces semble alors bien perméable. Temps Relatif propose à Caroline Marçot (compositrice férue de musique médiévale autant que des langages d’aujourd’hui) de composer une pièce en regard de ces jeunes polyphonies et explorant cette question de la dualité profane-sacré. En savoir plus…
La Serva Padrona
Intermezzo prévu à l’origine par Pergolese comme entracte permettant de soulager la tension d’un opéra, cette œuvre est restée célèbre pour avoir déclenché la « Querelle des bouffons ».
Spectacle bref, mettant en scène trois personnages dont un muet, il est basé sur la Commedia dell’arte. Il met en scène le vieil Uberto, Serpina, sa domestique et Vespone. Outre l’aspect commedia qui évoque la sempiternelle bêtise du barbon et son asservissement progressif (thème issu du XVII°), cette œuvre préfigure les Noces de Figaro, par exemple, et montre l’évolution du rapport homme-femme très présent dès le XVIII° et fait partie intégrante des révolutions de ce siècle. L’immense succès de cette œuvre créée en 1733 et tournée dans toute l’Europe montre à quel point le public aspirait à des spectacles légers, sous tendus par des idées fortes, et de belle tenue artistique. En savoir plus…
Variations Guatémaltèques
Dans leur effort de conversion des peuples du nouveau continent à peine découvert, les conquistadors n’ont pas oublié la musique. Sans doute autant pour donner un certain apparat à leurs cérémonies q
ue pour son pouvoir de séduction ou d’émerveillement. Le Guatemala et le Mexique deviennent des centres de création extrêmement actifs. De grands maîtres espagnols ou portugais font carrière (Bermudez, Fernandez, Padilla,… ) en Amérique Centrale et le grand style des polyphonies sacrées prend pied dans le nouveau monde.
Le mélange de polyphonies un peu naïves, de rythmiques amérindiennes et de langues inconnues chez nous est absolument savoureux. Si les mélomanes d’aujourd’hui et les grands ensembles européens connaissent les musiques Baroques du nouveau monde, ces répertoires plus anciens, touchant le premier siècle de la présence européenne en Amérique Centrale est jusqu’alors largement méconnu. En savoir plus…
Concerto delle Donne
Étonnante rencontre que la découverte au cœur de l’Italie baroque du succès incroyable de quelques petits groupes de voix de femmes. Le titre Concerto delle Donne se réfère aux trois cantatrices qui se produisaient à la cour du duc Alfonso de Ferrare dans les années 1580. Le duc était tellement enthousiasmé par les voix féminines qu’il rassembla trois des meilleures sopranos de l’époque, réputées pour la beauté de leur voix et leur habileté à exécuter les ornementations les plus élaborées. La virtuosité exceptionnelle des trois dames de Ferrare fait le tour des cours italiennes, et d’autres groupes se constituent sur le même modèle jusqu’au début du XVIIème siècle. C’est une grande nouveauté puisque les voix d’hommes étaient largement dominantes jusque là dans la polyphonie occidentale. Ces ensembles participent magnifiquement à la modernisation du langage musical et marquent une entrée foisonnante dans l’art baroque. Chaque prince se doit alors de créer son propre « concerto delle donne » pour rivaliser de qualité vocale et musicale. A la suite de Luzzascho Luzzaschi (recueil de 1601) les plus grands auteurs composent de véritables perles d’un art accompli : Monteverdi, Rossi, … Si les madrigaux à cinq voix et « a voce sola » sont propices à mettre en scène les passions et « affetti », la transposition de ce langage à trois voix de femmes décuple l’émotion qui s’en dégage : irisation kaléidoscopique des figures caractéristiques de l’art Baroque. En savoir plus…
Petr’Arcade
Fragments d’Amours éternelles
Compositeurs: Marenzio, Monteverdi, Suzanne Giraud, Robert Pascal.
L’espoir avoué de ce programme est de vous faire perdre la tête musicalement. Les relations entre les poèmes de Petrarque et les madrigaux vous paraîtront l’évidence même au cours de ce concert, tant l’histoire des madrigaux est intimement liée à celle de la poésie amoureuse.
Temps Relatif propose une nouvelle mise en écho des périodes musicales anciennes et contemporaines, en suivant le double fil de la poésie pétrarquiste et des madrigaux. Partant du XVème siècle italien avec Marenzio et Monteverdi, nous cheminerons à travers les époques, jusqu’au XXème siècle avec Suzanne Giraud. Cette compositrice d’aujourd’hui refond une polyphonie vocale moderne en s’inspirant de ces madrigaux et relit Petrarque à l’aune des états d’âmes de l’homme moderne. Les amours de Petrarque et les madrigaux seront le viatique de ce voyage musical et temporel. En savoir plus…
Vanités et Prophéties
Avec Pascal de l’Estocart, c’est le thème des « Vanités », omniprésent dans la pensée et les arts de la Renaissance et du Baroque, qui est mis en musique. La polyphonie à quatre voix chantées en français est bien propice à restituer ces délicieuses miniatures, petits tableaux anecdotiques et descriptifs souvent drôles ou émouvants illustrant une maxime morale ou spirituelle. Dans le même esprit, Anthoine de Bertrand chante les amours de Ronsard. Enfin, dans un genre plus profond et reconnu dès le XVIe siècle comme une œuvre visionnaire, les Prophéties des Sybilles de Roland de Lassus campent en un langage dense et chromatique le portrait de ces magiciennes de l’Antiquité… que l’on retrouve pour mémoire aux quatre coins du plafond de la chapelle Sixtine ! En savoir plus…
Landskap
Le chant choral des pays scandinaves est devenu durant les cinquante dernières années l’un des points forts de la créativité musicale mondiale. En particulier, la qualité des chœurs nordiques a favorisé un foisonnement de compositions pour ensemble vocal. Ces musiques font aujourd’hui le tour du monde et inspirent autant la pratique des chœurs que les compositeurs. En France, nous n’entendons pas assez ces musiques qui pourtant participent au regain de vitalité du chant choral.
Il était donc naturel dans le cadre de la formation des jeunes chanteurs de nos conservatoires de se donner les moyens de leur proposer de rencontrer l’émotion que portent ces musiques. Si elles nous touchent simplement par leur sensualité sonore, elles sont assez difficiles à réaliser, nécessitant d’importants effectifs. Le mélange des jeunes chanteurs et d’un effectif de treize chanteurs professionnels de Temps Relatif nous permet d’aborder ce répertoire. Un autre intérêt est de découvrir un bouquet de langues de la communauté européenne. Ce projet porte donc un triple intérêt : artistique, culturel et pédagogique.
Accompagnement à la guitare réalisé par Christophe Louboutin. En savoir plus…

